Chaque jour, c’est une course contre la montre pour espérer recueillir quelques litres d’eau. À Mayotte, dans la ville de Koungou où vit Naïma avec son mari et ses deux enfants en bas âge – 3 mois et 2 ans –, l’eau ne sort du robinet qu’entre 8 heures et 16 heures. Or, cette assistante de direction part travailler à 5 h 30 et ne finit qu’à… 15 heures.
« J’en ai ensuite pour une heure de trajet avec les embouteillages. Tous les jours, j’espère arriver à temps pour remplir quelques bidons mais je n’ai pas encore réussi, racontait-elle au téléphone début septembre, la voix un brin fatiguée. Mon mari travaille aussi donc on ne peut faire des réserves que le dimanche, puisque l’eau est aussi coupée le samedi. »
Tout contenant est bon pour faire du stock : poubelles, bassines, bidons, bouteilles servent à contenir l’eau pour la semaine. Qui servira à faire la toilette, la vaisselle, le ménage, les lessives, remplir la chasse d’eau… « Pour l’eau potable, mon conjoint et moi recevons chacun une bouteille par jour au travail, poursuit la jeune femme de 22 ans. C’est une chance car les stocks en magasins partent très vite et nous n’avons pas la possibilité d’y aller à l’ouverture. » Sans compter que les prix ont flambé : le pack de six bouteilles d’eau s’arrache entre 8 et 12 €.
Dans le 101e département français, le quotidien s’organise désormais au rythme des « tours d’eau », comme on les appelle. Ils sont récurrents depuis plusieurs années et avaient déjà été intensifiés ces derniers mois. Mais ils ont pris une tournure inédite le 4 septembre dernier : l’eau est désormais coupée soit plusieurs heures par jour et le samedi, comme chez Naïma, soit deux jours sur trois, en fonction de la commune.
En cause, la sécheresse dévastatrice que connaît l’archipel, la deuxième la plus forte depuis le début des années 1960 – date des premières…
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Auteur: Camille Richir

