Maouinda habite à Kaweni, un quartier de la « capitale » mahoraise Mamoudzou, considéré comme le plus grand bidonville de France. Samedi 14 décembre, lui, sa femme et son bébé âgé de 8 mois n’ont pas eu le temps d’aller se réfugier à la Maison des jeunes et de la culture (MJC) comme ils l’avaient prévu, car « le cyclone est arrivé d’un seul coup ». Ils se sont cachés pendant plusieurs heures sous leur lit.
Comme les 320 000 habitants de l’archipel, Maouinda et sa famille constatent ce dimanche les dégâts causés par le cyclone Chido, le plus intense à avoir frappé le territoire ultramarin depuis plus de quatre-vingt-dix ans. Selon un bilan encore très provisoire, il aurait fait 14 morts et des centaines de blessés. Une grande partie de la population est privée d’électricité, d’eau et risque de manquer rapidement de nourriture.
L’habitant de Kaweni et ses proches réalisent leur chance d’être en vie. « Nous avons eu très peur, témoigne le Mahorais. Nous entendions les arbres chuter, les gens hurler, et les tôles qui partaient de gauche à droite. Des branches nous tombaient dessus. J’ai cru qu’on allait s’envoler avec le toit de notre maison. Mes oreilles sont encore bouchées à cause du bruit du vent (des rafales allant jusqu’à 220 km/h ont été observées, NDLR). » Les images qu’il a transférées à La Croix montrent que seuls les murs bleus de sa maison restent intacts.
Paysage apocalyptique
Tout a presque été emporté dans son quartier. Comme toutes les routes et les rues sont bouchées par les dégâts, Maouinda se déplace à pied pour vérifier que ses voisins vont bien. Avec du renfort, il a réussi à sortir un enfant coincé sous les tôles et l’a amené à pied à la caserne des pompiers, à un kilomètre plus loin. « Ils ne peuvent plus se déplacer, et on n’arrive pas à les joindre. Le réseau téléphonique est coupé, ça ne sonne même pas », explique-t-il.
À…
Auteur: Antoine d’Abbundo et Esther Serrajordia

