À mesure que le droit d’asile recule, les déplacements s’inscrivent dans la durée

Il y a désormais deux crises des réfugiés. Celle, visible, des populations qui fuient le Soudan, l’Ukraine, le Yémen ou le Myanmar. Et celle, plus silencieuse, du système international censé les protéger.

Pour sa première intervention devant le Conseil de sécurité depuis sa prise de fonctions, Barham Salih a choisi vendredi de mettre l’accent sur les deux. « Les déplacements augmentent rapidement, tandis que les solutions ne suivent pas », a averti le nouveau Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, qui a pris ses fonctions en début d’année. Les conflits se multiplient ou s’enlisent, tandis que des populations parties pour quelques semaines ou quelques mois restent déracinées pendant des années, parfois des générations.

Le constat est d’autant plus sombre que l’aide internationale se contracte. Selon un rapport indépendant publié plus tôt ce mois-ci en collaboration avec l’ONU, les financements humanitaires mondiaux ont chuté de 30 % entre 2022 et 2025, passant de 47,5 à 33,3 milliards de dollars, tandis que 64 millions de personnes de moins ont reçu une aide l’an dernier. Aux Etats-Unis, premier bailleur historique du HCR, les contributions sont passées de plus de 800 millions de dollars en 2025 à environ 110 millions cette année.

© UNICEF / Mahmoud ALfilastini
Le camp d’Al-Firdaws, situé dans le gouvernorat d’Aden, au Yémen, accueille des familles déplacées par la récente intensification des combats.

Le Soudan, épicentre du déplacement

Nulle part cette contradiction n’est plus brutale qu’au Soudan. Près de 12 millions de personnes y sont déplacées à l’intérieur ou hors du pays, dont 4,5 millions de réfugiés accueillis par les Etats voisins. « Tant que cette guerre continuera, les gens continueront à fuir », a estimé M. Salih. « L’aide humanitaire peut maintenir les…

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Auteur: Nations Unies FR