Un bulldozer détruit d’un seul coup les frêles cabanes en bois de récupération patiemment édifiées. Depuis le jeudi 4 novembre au matin, des camions-bennes se relaient pour faire disparaître toute trace de la Zad du Lien, créée en juin dernier pour lutter contre les travaux du contournement routier au nord de Montpellier. Baptisée officiellement Liaison intercantonale d’évitement du nord (Lien), cette route devrait relier Saint-Gély-du-Fesc à Bel Air, et faire une jonction entre les autoroutes A9 à A750 par le nord de la ville.
Le département de l’Hérault promet que ce chantier de 100 millions d’euros pour 32 kilomètres de goudron permettra de réduire les embouteillages endémiques dans la cité languedocienne. « C’est faux, rétorque Hélène, du collectif SOS Oulala qui se bat contre ce contournement depuis des années. Selon une étude récente de l’Ademe, la création de voies de circulation supplémentaires génère invariablement une augmentation du trafic et, en conséquence, des émissions associées. » Les opposants dénoncent aussi le bétonnage de 80 hectares de terres et la destruction de 115 espèces protégées recensées tout au long du parcours.
Entre 40 et 70 gendarmes ont été déployés pour cette opération. © David Richard/Reporterre
La Zad du Lien était installée dans un champ, proche de la petite rivière de la Mosson, pas très loin du lotissement du Pradas dans le village de Grabels. Entre 40 et 50 personnes étaient sur place au moment de l’expulsion. Une trentaine de camions de gendarmerie étaient mobilisés pour procéder à une trentaine d’interpellations. Selon le Fabrice Bélargent, le procureur de la République de Montpellier, quatorze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des faits de violences sur dépositaires de l’autorité publique sans incapacité de travail, installation en réunion sur le terrain d’autrui sans autorisation en vue d’y habiter, opposition par violences ou voies de fait à l’exécution de travaux publics. « Cette procédure fait suite au dépôt de plainte de plusieurs propriétaires privés et de la commune de Grabels pour installation en réunion sur le terrain d’autrui et, depuis avant hier, à des actions visant à faire pression sur les ouvriers qui avaient débuté les travaux ainsi qu’à des jets de projectiles divers en direction des gendarmes qui s’étaient déployé sur le terrain pour sécuriser le chantier ».
Un panneau indiquant la Zad du Lien près de…
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Auteur: Laury-Anne Cholez (Reporterre) Reporterre

