Au pied des tours Nuages de la cité Pablo-Picasso, à l’espace jeunesse du quartier, un petit groupe d’enfants de 9 à 11 ans s’installe. Ils s’assoient sur des canapés disposés en cercle autour d’une table où sont proposés des gâteaux et des boissons pour le goûter. Les enfants se lèvent, se servent, échangent quelques mots dans la bonne humeur, puis reprennent place, toujours aussi attentifs. Ici, les enfants n’ont pas toujours droit à l’insouciance.
Tous s’accordent à donner un rôle officiel à la police. Pour Farid, 9 ans, « la police sert à nous protéger » ; à côté de lui, Aymen, 11 ans, complète : « Ils doivent protéger la ville. » Mais cette représentation se heurte à la réalité quotidienne à laquelle ils se confrontent. Yanis, 11 ans, nuance : « Il y en a qui sont gentils, mais il y en a beaucoup de méchants. Ils insultent. Ils cassent les portes. »
C’est pas normal de se faire contrôler, on est trop petits .
Aymen
Certains enfants ont déjà été témoins ou victimes de contrôles de police, parfois brutaux, souvent injustifiés. « Je me suis déjà fait contrôler, je passais juste à côté d’un groupe de grands, [les policiers] ont cru que j’étais avec eux », raconte Yanis. « Un jour, des policiers nous ont arrêtés et fouillés », ajoute Farid, son petit frère. Pour Aymen, ces scènes sont devenues presque banales. « J’ai vu un monsieur qui mangeait un sandwich et qui s’est fait contrôler. »
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Une logique incomprise, qui alimente le malaise. « C’est pas normal de se faire contrôler, on est trop petits », s’indigne-t-il. Yanis nuance : selon lui, les…
Auteur: Kamélia Ouaïssa

