Haïti ne demande pas au monde de la sauver. L’île des Caraïbes lui demande de l’aider à se sauver elle-même. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, vendredi, à New York, Alix Didier Fils-Aimé a résumé en une formule le difficile équilibre sur lequel repose sa stratégie : appeler à davantage de soutien international tout en promettant de rendre à l’État haïtien les moyens d’assurer seul sa sécurité.
Haïti appelle ainsi le monde « à se tenir à ses côtés pendant qu’elle reprend en main son destin », a déclaré le premier ministre. Une ambition qui s’ashoppe à une réalité autrement brutale : les gangs contrôlent encore l’immense majorité de Port-au-Prince et ses axes stratégiques, tandis que la violence gagne des régions longtemps relativement épargnées.
Fin août, l’attaque de Kenscoff, sur les hauteurs de la capitale, a mis l’accent sur cette expansion. Au moins 47 personnes ont été tuées et plus de 50 enlevées lorsque 150 hommes lourdement armés ont fait irruption dans plusieurs localité de cette banlieue de Port-au-Prince. Une enquête haïtienne publiée depuis a également mis en évidence les défaillances du dispositif de sécurité lors de ce massacre.
Des habitants du quartier de Cité Soleil ayant fui la violence des gangs sont hébergés dans la communauté voisine de Drouillard, dans le nord de Port-au-Prince, en Haïti.
« Un mandat ne suffit pas »
Le paradoxe vient du fait que les opérations menées dans la capitale haïtienne produisent certains résultats sans parvenir à briser la dynamique des gangs. La pression exercée à Port-au-Prince semble avoir poussé certains groupes vers des zones où l’État est encore moins présent. Le phénomène a été observé jusque dans le sud du pays : à mesure que les forces de sécurité tentent de…
Auteur: Nations Unies FR
