À New York, une course contre la montre pour sauver un siècle d’archives audiovisuelles

ONU Info / Evgeniya Kleshcheva
Rhony Dostaly, ingénieur en préservation des médias de la Bibliothèque publique de New York (NYPL).

« Je dis à mes enfants que je travaille dans une machine à remonter le temps ». Rhony Dostaly ne plaisante qu’à moitié. Dans un sous-sol du Lincoln Center, à New York, cet ingénieur de la Bibliothèque publique de New York (NYPL) passe ses journées à ressusciter des voix et des images parfois oubliées depuis des décennies. « Je remonte le temps, je récupère des éléments et je les rends accessibles aux gens d’aujourd’hui ».

Mais cette machine à remonter le temps est engagée dans une course qu’elle pourrait perdre. Les pellicules se décomposent, les bandes magnétiques s’effritent et les appareils capables de les lire disparaissent. Avec eux menace de s’évanouir plus d’un siècle de mémoire sonore et cinématographique.

Dans les archives confiées à M. Dostaly, l’histoire collective côtoie les souvenirs intimes. Harry Belafonte, chanteur, acteur et figure du mouvement américain pour les droits civiques, a filmé sa famille pendant des décennies, des premiers tours de vélo de son fils à Central Park aux voyages à l’étranger. « J’ai littéralement vu ses enfants passer de la petite enfance à l’âge adulte », raconte l’ingénieur.

D’autres images l’ont davantage bouleversé. Celles des voyages de Malcolm X, notamment à La Mecque. En les découvrant, il a pris conscience de sa responsabilité. « C’est moi qui vais permettre à tout le monde de voir ces images ».

© UNICEF/ Mariella Furrer
Harry Belafonte, ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF, entouré d’enfants au sein du bidonville de Kibera, à Nairobi, la capitale du Kenya.

Une mémoire qui se décompose

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Auteur: Nations Unies FR