Nice (Alpes-Maritimes), correspondance
Un tunnel dédié aux cyclistes sacrifié au profit des voitures. À Nice, la nouvelle municipalité issue d’une alliance entre Éric Ciotti (Union des droites pour la République, UDR) et le Rassemblement national (RN) envisage de rouvrir aux voitures un tunnel qui était devenu entièrement cyclable en 2020. Une promesse de campagne du maire et « une demande des citoyens », selon Laurent Merengone (RN), élu délégué à la circulation. Le projet, encore à l’étude, fait bondir les cyclistes. « Ce serait dommage de revenir en arrière sur un aménagement qui fonctionne bien », réagit Antonio Barros, membre de l’association Nice à vélo.
Ce souterrain de quelques dizaines de mètres relie la piste cyclable du centre-ville à celle de la promenade des Anglais. Pour les vélos, il constitue l’un des rares axes continus et sécurisés entre la ville et le front de mer. Problème, selon l’adjoint : avant d’atteindre le tunnel, « des livreurs, des taxis et même des pompiers » se plaignent d’être souvent bloqués dans la rue, car l’une des deux voies est réservée aux cyclistes.
Pourtant, en 2020, la municipalité avait elle-même constaté que le trafic continuait de circuler correctement en surface lorsque le tunnel, quotidiennement emprunté par 3 800 véhicules, avait fermé pour des rénovations. C’est ainsi qu’était apparue l’idée de le rendre 100 % cyclable.
Un aménagement cyclable remis en cause
En moyenne, en 2024, 860 cyclistes sont passés chaque jour par ce souterrain (les données ne sont plus enregistrées depuis des travaux en septembre 2025). Le chiffre dépasse la barre des 1 000 en période estivale. Mais selon la municipalité, la réouverture prochaine (le 4 juin) du Palais de la Méditerranée, situé dans l’angle du tunnel et où se déroulent divers spectacles, après sept mois de travaux, risque d’aggraver les embouteillages. « Des…
Auteur: Florine Amenta

