Au XVIIe siècle, les villes françaises sont encore petites et la campagne toute proche. Le jour, elles s’animent des bruits et cris d’animaux, des échanges entre gens des villes et gens des champs. Chacun, ou presque, respire des odeurs de foin, de fumier, de fruits mûrs. Quatre siècles plus tard, les villes se sont étendues, raréfiant la nature au point que certains quartiers, trop minéraux, sont devenus invivables lors des fortes chaleurs, et propices aux inondations.
Ne serait-ce que pour cette perception en accéléré de notre modernité, l’exposition « Natures urbaines » organisée au Pavillon de l’Arsenal, à Paris, vaut le coup d’être visitée. Son histoire de la place de la nature en ville du XVIIe siècle à nos jours éclaire un cycle de relation à la nature qui s’achève avec la crise écologique. Toutefois, c’est dans son titre au pluriel que niche son originalité : « Natures urbaines » parce qu’il existe autant de formes d’aménagement de la nature en ville que de visions du lien social. Nature au cordeau qui incite à la discipline, nature foisonnante à la libre disposition de soi, etc.
À cet égard, il est instructif de comparer les différences entre XVIIIe et XIXe siècles : croissance de la nature en ville et éclosion des idées de liberté et d’égalité pour l’un ; promotion d’une nature dominée et répression féroce des contestations populaires (Journées de juin 1848, Commune de Paris…) pour l’autre. Le contraste est schématique — l’exposition et le catalogue apportent de nombreuses nuances — mais il a le mérite d’éclairer les liens entre libertés sociales et richesse des relations humaines à la biosphère.
Lumières et bals champêtres
Dans les années 1750, sur le terreau fertile des Lumières, les squares, parcs et jardins s’ouvrent à tout le monde, favorisant une nouvelle mixité sociale qui réinvente le vivre-ensemble urbain. Les rencontres lors des…
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Auteur: Catherine Marin

