Paris, reportage
Un sentiment de nostalgie flotte dans l’air. Une grosse pile de cartons de déménagement posés dans un coin attend son heure. Beaucoup de bureaux sont vides, certaines étagères aussi. Les six lettres jaunes du slogan Look Up restent accrochées au grand mur blanc. Les immenses banderoles de la Marche du siècle et de la grande mobilisation de désobéissance civile de 2019 République des pollueurs pendent des balustrades. Ces reliques des actions du mouvement climat décoraient La Base ; elles vont bientôt être remballées. Ce lieu de retrouvailles et de travail militant ferme définitivement ses portes dimanche 26 juin. Une page se tourne.
Retour en arrière. En février 2019, une dizaine d’organisations environnementales s’unissaient pour ouvrir ce lieu et accueillir les activistes qui organisent les marches climat. « À l’époque, Alternatiba avait beaucoup grossi. On se retrouvait dans des appartements ou des cafés. On passait un temps fou à s’organiser. Et surtout, impossible de peindre des grandes banderoles dans nos appartements de 15 m2 », se rappelle Élodie Nace, porte-parole de l’organisation.
« C’est intimidant de s’engager. Ici, les gens pouvaient venir pour une réunion ou boire un verre, c’est plus facile », pense Mathilde. © Laury-Anne Cholez/Reporterre
L’équipe trouva alors un bâtiment un peu délabré, rue Bichat dans le 10e arrondissement, à quelques encablures de la place de la République. Près de 600 mètres carrés dans lesquels des dizaines d’associations et des centaines de personnes sont venues travailler, réfléchir et s’amuser. À l’étage, un espace de coworking proposait 510 places pour quarante-deux organisations accueillies. Au rez-de-chaussée, on trouvait un bar ainsi qu’un espace de rencontres, pour les tables rondes et évènements culturels. « Cet endroit a été un catalyseur de l’expansion du mouvement climat », estime Mathilde Lavelle, militante pour Alternatiba depuis 2019. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil au dossier de presse.
La Base, c’est 17 737 adhérents et 2 177 bénévoles pour 287 évènements durant lesquels ont été servies 25 000 litres de bière et de cidre bio. Le tout pour un budget total de 400 000 euros dont 200 000 euros de loyer versé à un propriétaire privé. Une somme importante, certes en dessous du prix du marché, mais qui n’aura pas aidé à atteindre l’équilibre financier. Car le modèle économique demeurait fragile : un tiers des recettes était fourni par le…
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Auteur: Laury-Anne Cholez Reporterre

