C’est une bascule historique, car le Ministère de l’Éducation a longtemps été le premier poste de dépense de l’État, l’école étant considérée comme une «priorité républicaine». Il faut dire que ce gros Ministère compte 1,2 million d’agents dont 713.500 enseignant·es dans le public, et qu’il représente un cinquième de l’emploi public en France. En principe, c’est le ministère le plus stratégique, puisqu’il sert à former les générations futures et scolarise plus de 10 millions d’élèves. À partir de 2026, l’Éducation passe pourtant au second plan derrière les dépenses militaires.
C’est le sénateur Les Républicains Olivier Paccaud qui relève ce bouleversement dans un rapport parlementaire : «Symboliquement, le budget de l’éducation nationale n’est plus le premier poste de dépense de l’État. Il est «désormais dépassé par la mission ‘défense’». Ce rapport du Sénat, majoritairement à droite, réclame 8000 suppressions de postes d’enseignant·es l’an prochain.
Le budget de Lecornu prévoit déjà la suppression de 4000 postes dans le primaire et le secondaire. L’argument de la droite est que le nombre d’élèves est en baisse. Ce qui est vrai, la démographie étant vieillissante. Mais ce serait justement l’occasion de mettre les établissements scolaires à un niveau convenable. Les classes françaises restent parmi les plus chargées d’Europe, et les salaires enseignants stagnent à un niveau anormalement bas comparés aux autres pays riches. Mais pas question pour les néolibéraux, il faut «ajuster» les dépenses de l’Éducation.
Le ministère de l’Éducation sera donc crédité de 64,5 milliards d’euros l’an prochain, hors pensions. Et des économies sont réalisées sur les fonds sociaux scolaires, alors que les besoins augmentent, et le Pass Culture, qui vise à réduire les inégalités. L’enseignement privé, lui, bénéficie de crédits…
Auteur: B

