Depuis 2016, L’Empaillé produit une information indépendante dans le Sud de la France. En octobre 2023, le trimestriel publie une enquête sur la gestion de Perpignan par son maire d’extrême droite, Louis Aliot. Le texte a valu au média une plainte pour « injure publique » du directeur de la police municipale de Perpignan. Le procès aura lieu au tribunal correctionnel de Perpignan ce jeudi 8 janvier. Explications de Yann Bureller, membre de l’équipe du journal.
Basta! : Sur quoi se fonde la plainte de Philippe Rouch, directeur de la police municipale de Perpignan, contre L’Empaillé ?
Yann Bureller : En octobre 2023, nous publions un article intitulé « Perpignan – Purge sur la ville », qui critique la gestion municipale du maire Louis Aliot, actuel vice-président du Rassemblement national. Nous revenons en détail sur son action et nous écrivons qu’il a « embauché un caïd de la police nationale parisienne, Philippe Rouch » pour développer son service de police municipale. D’après la plainte, c’est le terme « caïd » qui a été considéré comme injurieux par l’intéressé et nous vaut un procès ce 8 janvier. Pour nous, ce terme est plutôt de l’ordre de la critique admissible dans une démocratie.
Depuis son élection à la mairie en 2020, Louis Aliot a considérablement augmenté les effectifs de sa police municipale, atteignant le chiffre de 200 agents. Ce qui en fait une des villes les mieux dotées en nombre de policiers municipaux par habitant.
Il a aussi créé une brigade de nuit pour « lutter contre le trafic de drogue », le Groupe opérationnel de soutien tactique. Ses policiers arborent un insigne qui représente une tête de mort viking.
La communication de la page Facebook de la police municipale de Perpignan va dans le même sens. On y trouve des photos des saisies de drogue. C’est cette mise en scène qui nous a fait opter pour le terme « caïd ». Mais en fait, on ne dit pas…
Auteur: Guillaume Bernard

