À pierre-feuille-ciseaux, nos cerveaux peinent à agir au hasard… et c’est plus important qu’il n’y paraît

Une étude révèle que nos choix en compétition sont influencés par les manches précédentes, même lorsque s’appuyer sur le passé peut nuire à notre stratégie.


Il existe une stratégie optimale pour gagner plusieurs manches de pierre-feuille-ciseaux : être aussi aléatoire et imprévisible que possible ; ne pas tenir compte de ce qui s’est passé lors de la manche précédente. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Pour comprendre comment le cerveau prend des décisions en situation de compétition, nous avons demandé à des participants de jouer 15 000 parties de shifumi, tout en enregistrant leur activité cérébrale.

Nos résultats, publiés dans Social Cognitive and Affective Neuroscience, confirmaient que ceux qui se laissaient influencer par les manches précédentes avaient effectivement tendance à perdre plus souvent. Nous avons également montré que les humains peinent à véritablement agir de manière aléatoire, et que l’on peut discerner divers biais dans leur activité cérébrale lorsqu’ils prennent des décisions dans un contexte compétitif.

Ce que l’on peut apprendre d’un jeu simple

Le domaine des neurosciences sociales s’est surtout attaché à étudier le cerveau d’individus pris isolément. Pourtant, pour comprendre comment notre cerveau prend des décisions lorsque nous interagissons en société, il faut recourir à une méthode appelée « hyperscanning ». Cette méthode permet aux chercheurs d’enregistrer l’activité cérébrale de deux personnes ou plus pendant qu’elles interagissent, offrant ainsi une mesure du comportement social plus proche des situations réelles.

Jusqu’à présent, la plupart des travaux utilisant cette approche se sont concentrés sur la coopération. Lorsqu’on coopère avec quelqu’un, il est utile d’agir de la manière la plus prévisible possible afin de faciliter l’anticipation des actions et des intentions de chacun.

De notre côté, nous nous…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Denise Moerel, Research Fellow in Cognitive Neuroscience, Western Sydney University

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