« Sans une action accrue de la communauté internationale, l’effondrement total de la présence de l’État dans la capitale pourrait devenir une réalité », a alerté Miroslav Jenča, responsable du continent américain à l’ONU, lors d’une réunion du Conseil de sécurité ce mercredi.
Depuis janvier, les chiffres s’emballent : 1,3 million de déplacés internes – dont la moitié sont des enfants –, plus de 4.000 homicides volontaires recensés par l’ONU, dont 376 femmes et 89 mineurs, et la faim qui rôde partout en Haïti, désormais classé parmi les cinq pays les plus exposés au monde au risque de famine.
À cela s’ajoute l’impuissance de l’État haïtien, qui voit ses institutions rongées par la corruption et les bandes armées. À Mirebalais, une attaque coordonnée en mars a conduit à l’évasion de 530 détenus à haut risque, « dont beaucoup liés à des trafics d’armes, de drogue et d’êtres humains », a souligné Ghada Fathy Waly, directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Une gouvernance fantôme
Le Conseil de sécurité était réuni pour faire le point sur la mission politique de l’ONU dans le pays. Mais les exposés livrés ce matin dessinaient bien plus que le portrait d’un État en crise : ils racontaient l’anatomie d’un effondrement.
Dans les zones sous contrôle des gangs, les services publics n’existent plus. À la place, des formes de gouvernance parallèle s’installent. « Les groupes criminels comblent le vide laissé par l’absence ou l’insuffisance des services publics », a expliqué Mme Waly. Pendant ce temps, le commerce légal est asphyxié. Le terminal portuaire de la capitale est à l’arrêt, le prix du riz a bondi de plus de 30 % depuis 2022, et le carburant se négocie à cinq dollars le gallon au marché noir.
Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain.
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Auteur: Nations Unies FR

