La semaine dernière, nos confrères de Mediapart et Libération publiaient les enregistrements des caméras-piétons portées par les gendarmes lors de la « bataille de Sainte-Soline ». Depuis, le scandale ne cesse d’enfler, comment est-il possible que les forces de l’ordre républicain puissent s’affranchir en masse de toute déontologie ? Peut-on raisonnablement déléguer le monopole de la violence à des gens qui semblent si ostensiblement jouir de son exercice ? Est-il nécessaire d’être à ce point bête et méchant pour exercer le métier de gendarme ?
Une question tout aussi légitime reste néanmoins absente du débat public : pourrait-il en être autrement ? Pour ouvrir le débat, nous avons décidé de republier cet excellent article de Serge Quadruppani et Jérôme Floch paru en 2023. Nous avons cependant tenu à l’actualiser en remplaçant dans le titre le mot « policier » par « gendarme ». Vice éditorial, les plus fins connaisseurs objecteront de différences éthiques considérables entre les deux métiers. Voir aussi dans l’édition de cette semaine ce second contre-champs à ces révélations vidéos.
Pourquoi les gendarmes sont-ils tous des bâtards ?
De Hong Kong à Buenos Aires, des stades égyptiens aux manifestations françaises, somptueusement graphé sur les murs de Santiago comme sur les wagons des trains britanniques, en pochoir à Tunis ou au feutre dans un chiotte du 9-3, bombé à Minneapolis et visible jusque sur un passage piéton turinois judicieusement transformé pour en épeler les lettres, indubitablement le mot d’ordre qui de très loin dépasse en popularité et en universalité n’importe quelle expression d’amour pour la patrie, n’importe quel slogan publicitaire, c’est celui qui proclame que tous les flics sont des bâtards. Le hashtag #ACAB accompagne plus de 2,2 millions de publications sur le réseau social Instagram.
Pour saisir les raisons de cette…
Auteur: dev

