À propos d'un tableau qu'un peintre français fit à Rome, vers 1628

S’appuyant sur les études qu’Étienne Bimbenet a consacrées à l’attention conjointe en phénoménologie (L’Animal que je ne suis plus, etc.), Frédéric Metz invite ici à entrer dans un tableau peint par un Français à Rome à la fin des années 1620, au moment où le caravagisme est en recul. À la considération de certains aspects de son œuvre, généraux, ou à l’observation, au contraire, de certains morceaux localisés, il est arrivé que des spécialistes jugent ce peintre supérieur au maître.

I.

On prend de prime abord le vieillard pour un vagabond, un curieux – pour un personnage de second plan ; et le tout jeune adolescent pour un marchand de fruits. Alors tout n’a lieu premièrement qu’entre mère et enfant. (La tête du porteur de fruits est plongée dans l’obscurité ; celle du vieillard s’en extrait à peine.)

Elle le tient sans grâce ; elle lui fait mal ; le tirant, le tenant à bout de bras, sans qu’il ait d’appui ; l’avançant (pour qu’il atteigne aux fruits de la corbeille ?) ou le ramenant à elle d’autorité (s’est-il jeté en avant, hâtivement ?) ? Ou lui-même se ravise-t-il à l’instant ? Les deux jambes de l’enfant, ainsi porté, pendent sans grâce.

Elle (la mère) le tient comme si elle allait le donner (à quelqu’un) (à gauche – au porteur de fruits ?) : mais elle le retient du regard. Lui-même (l’enfant) tend sa main (vers les fruits), mais son regard s’en détourne (c’est même tout le corps qui se retourne, s’arrache au mouvement initié). Aussi existe-t-il un mouvement, une poussée de la droite vers la gauche (en direction des fruits), mais cette poussée est contredite ; un autre vecteur de force égale ou supérieure ramène tout vers la droite ; annule rigoureusement ce qui s’est initié. «  Vient-on de commencer, ou pas encore ? 1 » Est-on en train de revenir sur – et d’effacer si possible – ce qui vient d’avoir lieu ?

La mère…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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