À quoi ressemblerait le pays de Flávio Bolsonaro (GGN)

Un gouvernement de Flávio Bolsonaro ne serait pas une répétition mécanique du gouvernement de son père. Jair Bolsonaro gouvernait de manière chaotique, sans ses propres cadres, dépendant de l’armée et du Centrão (le GROS Centre, qui forme la majorité au Parlement, et qui navigue selon ses intérêts et ses chantages NDT). Flávio arriverait après un long apprentissage du bolsonarisme : il connaîtrait mieux les institutions, aurait des ponts plus solides avec le marché financier, le monde juridique, les médias grand public et, surtout, le trumpisme.

Ce serait moins d’improvisation et plus de méthode.

Le projet réunirait quatre intérêts :

– le capital financier qui veut moins de surveillance ;
– les réseaux du crime organisé qui doivent blanchir et multiplier l’argent ;
– les institutions publiques qui souhaitent récupérer le pouvoir illimité de l’opération Lava Jato (archétype du Lawfare à la brésilienne NDT) ;
– et les groupes nord-américains intéressés par les minéraux critiques, l’énergie, les données et les infrastructures.
Le ciment politique serait l’autoritarisme : répression des pauvres, guerre culturelle, persécution sélective et soumission stratégique aux États-Unis.

L’économie souterraine atteint la surface

La première étape consisterait à consolider une zone grise entre l’économie légale et l’argent criminel. Il ne s’agit pas d’imaginer des trafiquants de drogue assis directement dans les conseils d’administration des banques. Le mécanisme moderne est plus sophistiqué : fonds opaques, fintechs (institutions financières), assurances, sociétés écrans, crédits non garantis, fonds d’investissement en créances (1), actifs numériques et chaînes successives d’intermédiaires.

Le crime organisé brésilien a depuis longtemps cessé de vivre uniquement du trafic de drogue. Il a progressé dans les domaines des carburants, des cigarettes, des transports, de…

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Auteur: Luis NASSIF