La scène s’est produite salle Paul-VI, à Rome, pendant la dernière semaine du Synode sur la synodalité. Alors que les participants étaient invités à s’exprimer librement sur un premier brouillon de texte final, un évêque d’Europe de l’Ouest a pris la parole. « Il faut aller plus loin sur l’œcuménisme, avec des mesures concrètes », a-t-il plaidé devant l’assemblée, suggérant de reprendre l’idée d’un prochain « synode œcuménique sur l’évangélisation ». En soi, la proposition n’est pas nouvelle : l’an dernier, elle avait déjà émergé dans le document de synthèse de la première session synodale. Mais n’avait pourtant pas été retenue dans l’Instrumentum laboris, à la base des échanges de cette année.
« L’intervention de cet évêque a poussé plusieurs tables à réintégrer, via des amendements, cette piste sur le fil », retrace une source interne. Pour quel résultat final ? « Le dialogue œcuménique est fondamental (…) et nous pousse à imaginer des pratiques synodales authentiquement œcuméniques, y compris des formes de consultation et de discernement sur des questions urgentes d’intérêt commun, telles que la célébration d’un synode œcuménique sur l’évangélisation », peut-on lire dans le 138e article du texte conclusif, approuvé aussitôt par le pape.
Quel lieu pour accueillir un tel événement ?
Au Vatican, personne ne sait encore quels seraient les contours d’un tel événement, ni même quelle ville pourrait l’accueillir. « Peut-être un lieu plus neutre que Rome… », imagine une source. Nicée, alors que se profile en 2025 le 1 700e anniversaire du concile dans la ville éponyme ? « C’est une petite ville, et l’obtention de visas turcs n’est pas toujours aisée », écarte un participant. Bari ? C’est dans cette ville italienne que François avait invité en 2018, autour d’une table ronde, les représentants catholiques, orthodoxes et…
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Auteur: Mikael Corre (envoyé spécial permanent à Rome) et Malo Tresca

