Située à 700 mètres d’altitude, la commune de La Bâtie-Montsaléon est caractéristique du département majoritairement montagnard des Hautes-Alpes. « Ce n’est ni la Provence, ni la Savoie, mais un territoire unique au niveau des conditions climatiques », loue Samuel Genas.
L’homme de 39 ans est l’un des trois associé·es de la ferme Sarriette et Roquette, installée dans le village de 250 habitant·es. L’exploitation est gérée collectivement avec deux autres associées, Anne Aït-Touati et Maïa Gordon, et mise sur une variété de cultures maraîchères biologiques, mais aussi sur la vente de plants, d’œufs, d’épices, d’aromatiques et de semences « paysannes ».
La ferme de Sarriette et Roquette et ses multiples productions à La Bâtie-Montsaléon, commune au climat montagnard.
©Nils Hollenstein
Les semences paysannes sont directement sélectionnées et reproduites librement par les agriculteur·ices dans leurs propres champs. Elles ne sont pas préalablement issues de semences certifiées achetées à un semencier. Parfois, on parle aussi de « variétés anciennes ». Mais Samuel Genas rejette ce terme. « Aujourd’hui, c’est un terme accaparé par l’industrie agroalimentaire et utilisé comme argument marketing », explique-t-il.
Mainmise de l’industrie semencière
Dans le territoire de La Bâtie-Montsaléon, avoir recours à des semences paysannes n’a rien d’un discours publicitaire. C’est une exigence du lieu. « Aucune variété industrielle de semence n’est développée pour être adaptée à notre climat, précise l’agriculteur. Les semences industrielles ne sont pas adaptées à tous les contextes. Et pour exprimer tout leur potentiel, il leur faut nécessairement des béquilles chimiques comme les pesticides », ajoute Samuel Genas.
Ces semences promues par l’agro-industrie sont appelées « variétés hybrides F1 » et sont majoritairement développées par six…
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Auteur: Nils Hollenstein

