Rennes (Ille-et-Vilaine), reportage
Il pleut des cordes pour l’ouverture du 27e Carrefour des gestions locales de l’eau (CGLE), le 21 janvier, à Rennes. Sur le parking du Parc expo, où a lieu l’événement, un nombre impressionnant de voitures de luxe laisse présager de l’ambiance de ce salon dédié aux professionnels de l’eau. À l’intérieur, des exposants présentent vannes, pompes, canalisations et robinetterie dernier cri. Le champagne et les petits fours sont de sortie. « C’est très select ici ! », remarque une participante en anorak, qui s’est visiblement trompée de dress-code.
Cette année, la grande messe de l’eau a lieu dans un contexte particulier car le gouvernement vient d’annoncer un moratoire sur les décisions locales liées à l’eau, à la suite de la pression mise par certains syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs et également Coordination rurale). Résultat : l’adoption du nouveau Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau du bassin de la Vilaine (Sage Vilaine) est repoussée.
Il proposait notamment d’interdire les herbicides de maïs sur certaines parcelles proches des captages d’eau potable. Les associations environnementales pro-Sage ont donc profité de cet événement pour exprimer leur colère face au report de son adoption.
« Dans l’eau : des poissons, pas des poisons ! » peut-on lire sur l’immense banderole déployée sur la scène principale du salon par la Confédération paysanne et le Collectif de soutien aux victimes de pesticides. « Ce moratoire est un déni de démocratie locale. C’est l’État qui nous dit : “vos débats, vos règles, vos décisions… on s’en moque !” Mais l’eau, c’est ici qu’on la boit, c’est ici qu’on la protège, et c’est ici qu’on en dépend », martèle Marie-Éve Taillecourt, éleveuse de brebis laitières et l’une des porte-parole de la Confédération paysanne du Morbihan. Dans…
Auteur: Scandola Graziani

