Rennes (Ille-et-Vilaine), reportage
« C’est spectaculaire, on n’a jamais vu ça à Rennes ! » Profitant d’une accalmie, des passants se pressent sur un pont pour observer les rues inondées : un rond-point forme une île au milieu des flots, et plusieurs voitures sont désormais au même niveau que les péniches du canal de l’Ille. À grand renfort de photos et de vidéos, les spectateurs immortalisent l’événement, n’hésitant pas à s’approcher dangereusement de l’eau. Certains sont même venus avec leurs enfants. Les 25 et 26 janvier, la ville a connu ses pires inondations depuis quarante ans, en raison de la tempête Herminia. Plus de 400 personnes ont été évacuées en Ille-et-Vilaine, et certaines ont dû passer la nuit dans un gymnase. 170 mm de pluie sont tombés depuis le début du mois de janvier à Rennes.
Au lendemain du week-end d’inondations, la réalité est rude pour certains : « On n’a plus de chauffage ni d’électricité. On s’est réveillés avec de l’eau jusqu’aux hanches », témoignent Bakari, Moussa et Kena, trois jeunes travailleurs dont la résidence a été inondée. Pour sortir de chez eux, ils ont dû passer par la fenêtre. « On s’est réfugiés au kebab du coin pour recharger nos portables. »
À présent, ils voudraient bien traverser la rue pour rejoindre le foyer de jeunes travailleurs, où il y a encore du chauffage et de l’électricité. Mais l’eau est si haute qu’ils sont obligés d’ôter leurs chaussures et de remonter leur pantalon pour traverser les pieds dans l’eau. « Pfiou, même en Afrique, je n’ai jamais vu ça ! » peste Moussa, originaire du Mali.
Les trois jeunes hommes de 22 ans sont surtout inquiets pour leur travail — ils sont préparateur de commandes, commercial et boucher. « Est-ce qu’on va pouvoir aller travailler cette semaine ? Moi, toutes mes affaires sont…
Auteur: Scandola Graziani

