« Je préfère avoir deux mamans que Jordan et Marion comme parents. » Derrière cette pancarte inventive se cachent Clémence et Clara, 19 et 18 ans. Le 9 juin, à l’occasion des élections européennes, c’était la première fois qu’elles votaient. La France insoumise (LFI) pour l’une, les Écologistes pour l’autre. Les résultats bleu marine les ont « dépitées ». En ce samedi ensoleillé du 15 juin, toutes deux sont venues participer à la manifestation contre l’extrême droite organisée à Saint-Étienne en amont de la Marche des fiertés.
Non loin, Julie et Héloïse, la vingtaine, sont passées de l’incrédulité à la colère quand elles ont vu le Rassemblement national (RN) arriver en tête dans leur ville. « On nous dit qu’on a essayé la droite, la gauche, alors pourquoi pas l’extrême droite ? Mais on a déjà essayé l’extrême droite, ça s’appelait le régime de Vichy ! »
« Discours pseudo-social »
Depuis le 9 juin, Saint-Étienne tremble d’indignation. Cette ville ouvrière de la Loire, cosmopolite et historiquement ancrée à gauche, malgré des maires régulièrement de centre droit, est devenue un point bleu marine sur la carte de France. Le RN y est arrivé en tête aux élections européennes, avec 24,7 % des voix. Jordan Bardella a séduit un peu partout. Dans les périphéries aisées (37 % des suffrages à Saint-Victor) comme dans le centre (40 % à Bergson), dans les quartiers coquets (30 % à Côte-Chaude, 21 % à Fauriel) et ceux plus populaires (28 % au Grand Clos) de la ville. « La honte », souffle un cafetier du centre-ville.
On a déjà essayé l’extrême droite, ça s’appelait le régime de Vichy !
« Saint-Étienne n’est pas en dehors de la France, réagit Mireille Carrot, secrétaire générale de la CGT dans la Loire. Il y a la désindustrialisation, des entreprises qui…
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Auteur: Oriane Mollaret

