Sur la table de la cuisine, des dizaines de plats sortis du four. Des beignets de poisson, plusieurs quiches, des chips maison, du poulet, des crèmes au chocolat, des rochers à la noix de coco. L’odeur embaume la maison tout entière. Alzira Da Silva a passé toute la journée aux fourneaux pour recevoir ses convives. Une fête de famille ? Cela y ressemble beaucoup, mais l’occasion est tout autre : ce soir, une pièce de théâtre s’invite chez elle.
Dans le salon de ce pavillon de Sevran (Seine-Saint-Denis), les trois comédien·nes montent les décors avant l’arrivée des spectateurs. La table à manger a laissé place aux décors, minutieusement installés sur un lino jaune et blanc de quatre mètres carrés. Alzira prépare les derniers mets, pendant que son mari, Fernando, ajoute des sièges pour accueillir le public. Des bancs de bric et de broc, des chaises et, bien sûr, le canapé. Le chien de la famille aboie : « Ça doit être les premiers qui arrivent ! » s’exclame Alzira. Petit à petit, la maison se remplit.
85 % de la population française ne va pas au théâtre. Alors on s’est dit qu’on allait tout simplement aller chez eux.
V. Suner
Les invités sont d’horizons divers : voisins et voisines, parents, ami·es, mais aussi les employeur·ses d’Alzira, qui est femme de ménage. Toutes et tous sont venu·es assister à une représentation organisée par La Poudrerie, un théâtre sans structure, qui joue à domicile. Chaque foyer peut accueillir gratuitement une pièce par an. « Au début, je me suis dit que c’était n’importe quoi, que ça n’existait pas. Maintenant, j’en suis tombée amoureuse, c’est la neuvième fois qu’on reçoit le théâtre à la maison », confie Alzira.
Des sujets en lien avec le territoire
L’idée, née il y a treize ans, est alors de rendre accessible le théâtre à toutes et à tous. « Quand on fait 120…
Auteur: Élise Leclercq

