Vallée du Tescou (Tarn), reportage
Au commencement était un barrage. Abandonné après la mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste tué par le tir d’une grenade offensive en octobre 2014 à Sivens, ce projet ancien devait stocker jusqu’à 1,5 million de m3 en amont de la vallée du Tescou, pour alimenter cette rivière toute l’année et permettre aux agriculteurs d’y pomper pour irriguer. Depuis dix ans, aucune autre solution n’a été mise en œuvre pour parer aux besoins supposés en eau. C’est qu’en fait, de l’eau, il y en a dans cette vallée. Mais pas pour tout le monde.
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À Montgaillard, au bord du Tescou, Paul Bourcier ne manque pas d’eau pour irriguer ses terres du Tarn. Le maraîcher a pris depuis 2018 la suite de son père, qui cultivait des céréales. Sa chance, c’est que la ferme avait déjà ses propres stocks d’eau pour irriguer une partie de la production dans des bassins construits il y a quarante ans.
Peu intéressé par les céréales, Paul s’est rapidement tourné vers le maraîchage. « Avec tout ce bordel climatique, on en venait à semer pour rien », dit-il. Les zones céréalières fertiles servent donc désormais à la production de légumes. De la luzerne, récoltée au printemps hors période sèche, pousse sur le reste des surfaces.
Loin d’être « sans eau », la vallée du Tescou est parsemée de ces petits lacs ou grandes mares aménagées sur les fermes avant les années 2000, financés à 80 % par des aides publiques. Le choix du département du Tarn d’un ouvrage unique à Sivens a en fait asséché le soutien à ces autres solutions.
Des terres épuisées
« On a arrêté les lentilles, un insecte pique la feuille, elle ne pousse plus. » Christian Felga non plus ne manque pas d’eau, mais a dû considérablement repenser la rotation de ses cultures. Installé à…
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Auteur: Elsa Souchay

