Sonder les esprits et aplanir les divergences, à mi-chemin entre deux COP. Tel est le périlleux exercice auquel se sont prêtés les diplomates du monde entier à l’occasion des « intersessions » de Bonn, en Allemagne. Organisées du 15 au 26 juin, ces discussions n’avaient pas pour but de déboucher sur la moindre décision. Plutôt de donner le la, à moins de six mois de la COP30 chapeautée par le Brésil.
Le pays hôte ne manque pas d’ambition. Sa présidence répète inlassablement vouloir faire basculer ces conférences sur le climat dans « une nouvelle génération », passant de « l’ère des négociations à celle de la mise en œuvre ». Un travail censé commencer dès le rendez-vous allemand. « La crédibilité de notre processus multilatéral est entre les mains des émissaires de Bonn », déclarait ainsi André Aranha Correa do Lago, président de la COP30, fin mai.
Verdict après douze jours de pourparlers ? « Elle n’est pas parvenue à créer ce nouveau sentiment de progrès », tranche Marta Torres-Gunfaus, chargée du climat à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Le contexte n’a pas aidé : ces retrouvailles sont les toutes premières depuis la décision du président des États-Unis Donald Trump de quitter l’Accord de Paris.
Une affaire de sous
Autre difficulté, depuis la dernière COP, la colère des pays vulnérables n’est pas retombée. « Les pays développés devraient avoir honte » d’avoir bâti un tel « outil néocolonialiste », « une arme létale ». Dans la nuit du 24 novembre, ces mots tranchants de l’émissaire Diego Pacheco avaient marqué la clôture désastreuse de la COP29, placée sous la houlette de l’Azerbaïdjan. À l’origine de cette colère, partagée par bien des pays en développement : la signature de l’accord financier visant à aider les plus vulnérables à affronter la crise climatique. En bref,…
Auteur: Emmanuel Clévenot

