Chaque jour, les salariées de Solidarité Femmes Loire-Atlantique sont à pied d’œuvre pour accompagner les victimes de violences conjugales et leurs enfants : ce sont elles qui décrochent le téléphone quand une femme du département appelle l’association pour être écoutée ou mise à l’abri ; elles qui mènent les entretiens individuels proposés à l’accueil de jour ; elles encore qui accompagnent les bénéficiaires d’un téléphone « grave danger » ; qui assurent le suivi des femmes hébergées en urgence.
Depuis le 28 septembre, si l’antenne de Saint-Nazaire fonctionne encore, « il n’y a plus personne de l’équipe de terrain sur le site de Nantes », prévient Emmanuelle, salariée de l’association depuis cinq ans, élue au comité social et économique (CSE) et déléguée syndicale SUD. « Sur la vingtaine de salariées ici, on est 80 % en grève. » Toutes dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail, particulièrement mal vécue au sein de cette association de référence, membre de la Fédération nationale Solidarité Femmes – laquelle est notamment en charge du 3919, le numéro national d’écoute téléphonique et d’orientation pour les femmes victimes de violences. Pour Emmanuelle, comme pour sa collègue Anne-Sophie, salariée depuis sept ans, également élue au CSE et déléguée syndicale CGT, la situation est devenue intenable : « Il y a une dissonance entre nos valeurs féministes et la forme de domination et de violence qu’on subit au travail », lâchent-elles à l’unisson.
« Management toxique »
Emmanuelle retrace la détérioration des rapports avec la direction en pesant ses mots. Une dégradation « progressive, qui n’a pas…
Auteur: Tiphaine Guéret
