À Taipei, capitale de Taïwan, le rassemblement commence dans une ambiance électrique, en ce début de soirée estivale. Du monde afflue près du Yuan législatif, le Parlement de l’État insulaire. Des bénévoles distribuent fanions, drapeaux et casquettes. Les manifestants tentent de se trouver une place parmi les tabourets disposés devant une scène qui domine la foule. Une chanson d’un groupe taïwanais pro-indépendance est jouée en live. Le refrain en mandarin est répété avec ferveur par les spectateurs de tous âges, qui agitent leurs pancartes au rythme des paroles.
Sur le même sujet : Droit international : quand règne la loi du plus fort
Les musiciens assurent le show avant l’arrivée des principaux porte-parole du « 大罷免 », ou « Great Recall », ce mouvement qui a rythmé la vie politique de Taïwan jusqu’à cette fin août. « Face à la Chine, nous devons protéger notre pays, notre démocratie et notre liberté », lance Angela, entre deux slogans, pour expliquer sa présence à l’événement. Comme cette quadragénaire, des milliers de Taïwanais se sont mobilisés ces derniers mois pour destituer des élus considérés comme trop proches de la Chine.
Ce mouvement, inédit dans l’histoire de Taïwan, dont Pékin revendique le contrôle, a d’autant plus surpris que, parmi les volontaires, une majorité de femmes s’est manifestée. « Dans notre groupe de 135 personnes, 90 % sont des femmes », souligne Liolio, qui a rejoint le mouvement en tant que bénévole. Depuis janvier, elle s’empresse, à peine son travail terminé, de retrouver son groupe de mobilisation de Da’an, un quartier au sud de Taipei.
Qu’il pleuve, qu’il vente ou que la chaleur soit assommante, cette Taïwanaise de 35 ans est dans la rue, pour interpeller…
Auteur: Aurélie Loek

