Psychothérapeute à Tel-Aviv, Sarah* revient sur l’état émotionnel dans lequel elle était le 7 octobre 2023, tout en évoquant son incrédulité et son désespoir de femme de gauche. Deux ans après, elle aperçoit une fragile lumière dans les manifestations pour les otages d’abord, puis, peu à peu, pour les Palestiniens, malgré la propagande et la répression.
Le prénom a été modifié.
Le 6 octobre 2023, j’étais en voyage avec ma famille en Galilée (nord d’Israël) pour la fête de Sim’hat Torah. Une douce brise d’automne commençait à souffler. Lors d’une promenade près de Safed, bien qu’étant laïque, je suis entrée visiter le tombeau d’un des disciples de Hillel le Sage. Le lieu, construit en pierre ancienne avec des fenêtres cintrées, était baigné d’une agréable et douce lumière d’après-midi, renforçant ainsi le sentiment de calme et d’optimisme.
Le lendemain matin, à 6 h 29, l’État d’Israël, avec toutes ses croyances, ses valeurs, ses espoirs, s’est effondré. Nous nous sommes réveillés avec des images de gens fuyant dans un champ. Des terroristes en uniforme militaire, armés de kalachnikovs, circulaient dans les kibboutz du Néguev et tiraient dans toutes les directions, s’introduisant dans les maisons, blessant, tuant et mettant le feu.
Sur WhatsApp, je reçois des photos de retraités en tenue de randonnée, baignant dans leur sang. Au début, j’hésite à croire que cela se passe en Israël. Je cherche des indices qui suggèrent que cela se passe dans un autre pays, peut-être sur une autre planète. Mais, petit à petit, ma dernière barrière de défense a été brisée.
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