Dans la galerie vitrée qui sépare la future église Saint-Sauveur du second bâtiment adjacent, Daniel Berrest, fraîchement retraité après une carrière dans le secteur bancaire, guide Jean-Pierre Abadie pour lui montrer l’avancée des travaux. Ce dernier, professeur d’espagnol d’une quarantaine d’années, se laisse conduire sous la surveillance attentive de son chien d’aveugle, un golden retriever qui ne se laisse pas perturber par le chantier environnant. Jean-Pierre Abadie touche les murs et les portes de la main, et affiche un visage satisfait.
Lorsque La Croix s’était rendue à Borderouge, au nord de Toulouse fin octobre, l’impatience pointait déjà chez les futurs paroissiens de ce quartier nouveau, sorti de terre au début des années 2000. Comme Jean-Pierre Abadie et Daniel Berrest, ils sont une centaine de catholiques à attendre de pied ferme la première messe dans « leur » église, près de dix ans après la naissance de leur communauté, lors du Carême de 2015.
Pour ces paroissiens, la consécration par l’archevêque de Toulouse, Mgr Guy de Kerimel, dimanche 15 décembre, parachèvera plusieurs années de travail et d’engagement. « De nos jours, on détruit plus d’églises qu’on en construit », sourit Daniel Berrest, l’un des piliers de la petite communauté.
Une église conçue par les laïcs
Les fidèles sont d’autant plus heureux de l’inauguration formelle de cette église de 200 places qu’ils ont été impliqués dans le projet dès son origine. Après trois années à « retirer les tapis » du gymnase d’une école privée pour des soirées de prière et des messes, « l’ancien archevêque, Mgr Le Gall, nous a dit que nous avions besoin d’une église », relate Daniel Berrest, en leur demandant : « De quoi rêvez-vous ? »
À chacun, alors, d’y aller de son apport : un bâtiment accessible PMR et écologique, une église sobre, ronde, avec l’autel central pour laisser un mur…
Auteur: Matthieu Lasserre, envoyé spécial à Toulouse (Haute-Garonne)

