Cher David,
quelle histoire quand même ! Quelle histoire que la tienne et celle de tes amies, j’allais écrire « ta bande », à laquelle je me sens plutôt fier d’appartenir. Je n’ai guère de mérite à cela, à part avoir pu, grâce à tes sollicitations, contribuer à l’édition de « tes » deux livres. Je mets « tes » entre guillemets non pas pour minimiser le tien, de mérite, mais parce que ces deux ouvrages sont, chacun à sa manière, l’aboutissement de cheminements collectifs. Comment aurait-il pu en aller autrement de Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives ? Vous aviez travaillé en groupe, justement, pour le rédiger, tâchant de tirer les leçons des situations vécues au cours d’années d’engagement.
Vous vous présentiez ainsi en Introduction :
[…] Avoir quatorze ans en 1985 et être pris pour x ou y raisons dans une envie de « bouger », cela passait par où ? Par le hasard d’une rencontre dans un bar et une invitation à venir à la prochaine réunion ; par la musique et la scène alternative avec les Béruriers Noirs ; par un « positionnement » dans ce contexte des « années d’hiver », de Dallas et Dynastie, de Reagan et Thatcher ; par une réponse à la violence de l’institution scolaire et des contrôles policiers incessants ; par des images de révolution plein la tête, révolutions passées, victorieuses ou réprimées, – « Il pleut sur Santiago » –, présentes aussi avec les sandinistes du Nicaragua, « qui ne feront plus comme avant »…
L’amorce passe par là mais la question demeure : où aller ? Une chose semble claire en tout cas : les vieilles et grandes organisations issues du mouvement ouvrier (syndicats, partis, coopératives) ne représentent plus grand chose et, si elles représentent encore quelque chose, c’est du point de vue des régulations du pouvoir. Les petites ou grandes ONG n’attirent guère davantage et paraissent segmentées, spécialisées et peu ou…
Auteur: dev

