Vendredi 28 mars, sur le campus de l’université Grenoble Alpes (UGA) à Valence. L’amphithéâtre est plein à craquer. Plusieurs centaines de personnes s’entassent sur les bancs habituellement réservés aux étudiants. Parmi eux, de nombreux professeurs de sciences économiques et sociales (SES), venus de toute la France. Mais aussi bon nombre de personnes accompagnant la jeunesse : assistantes sociales, membres de l’éducation populaire, conseillers principaux d’éducation (CPE). Tous ont répondu à l’appel de l’association des professeurs de SES (Apses) et de la FSU, principal syndicat de la fonction publique.
Ces deux organisations ont décidé d’organiser un stage national sur la question des violences entourant la jeunesse. L’objectif est multiple : donner des clés de compréhension sur un phénomène qui, de plus en plus, fait les choux gras des chaînes d’information en continu. « L’idée est de déconstruire les discours simplistes, souvent racistes, entourant ces phénomènes de violences, en utilisant les sciences sociales pour comprendre et, ensuite, expliquer », souligne Régis Roussillon, professeur de SES à Romans-sur-Isère.
La thématique de ce grand colloque, comme le lieu choisi pour l’effectuer, ne doit rien au hasard. En novembre 2023, le nord de la Drôme est frappé par un drame avec la mort de Thomas, 16 ans, dans une rixe à la sortie d’un bal à Crépol. Un terrible fait divers qui connaît un retentissement national. En effet, ce drame est récupéré par l’extrême droite et ses médias. Le récit plaqué est identitaire et raciste : Thomas aurait été tué, parce que blanc, par des jeunes « non blancs » de la Monnaie, le quartier populaire de Romans-sur-Isère.
Sur le même sujet :…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

