Au pays de nos frères, un film de Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi
Fiction, 95 mn, 2024, France – Iran – Pays-Bas
Au cinéma le 2 avril 2025.
Dans les années 2000 en Iran, ce film raconte le quotidien de trois générations d’exilé·e·s dont les plus jeunes n’ont jamais vu leur pays d’origine mais dont le destin est irrémédiablement lié au naufrage de l’occupation puis du retrait américains d’Afghanistan et qui tentent de reconstruire leur vie dans « le pays des frères ».
Depuis la mort de Kiarostami et la quasi-retraite de Makhmalbaf, rares sont les films iraniens qui se déroulent en territoire rural, l’attention des quelques productions défiant la censure étant tournée vers les forces de résistance urbaines – à leurs risques et périls (on ne compte plus les cinéastes emprisonné·e·s, encore récemment le très innocent Mon gâteau préféré a valu une peine de prison avec sursis et assignation à résidence à ses deux réalisateur·ice·s Maryam Moghaddam et Behtash Sanaeeha).
Au pays de nos frères est également le fruit d’un tandem mixte, qui plus est un premier film, d’une maîtrise bluffante, sur le thème rarement traité de l’exil de 5 millions d’Afghan·ne·s en Iran, pays supposé frère qui les accueille… en immigré·e·s, avec tout ce que cela comporte de variantes d’exploitation, d’humiliations, de tracasseries administratives, au mieux de condescendance.
Sur la forme classique du film choral, Au pays de nos frères est une odyssée sur trois décennies où Mohammad, un jeune étudiant prometteur, Leila, une femme isolée et Qasem qui porte le poids du sacrifice pour sa famille, luttent pour survivre à un quotidien incertain.
Sur un sujet potentiellement glissant vers le pathos ou le didactisme, la mise en scène de Amirfazli et Ghasemi est d’une grâce et d’une pudeur constantes. Exilé·e·s l’une aux États-Unis, l’autre en France, les deux cinéastes ont bénéficié, outre…
Auteur: Attac France

