« YardLand, c’est la célébration des cultures populaires et afrodescendantes en France. » Yasmine Mady, directrice éditoriale et programmatrice de cette édition, donne le ton. En effet, depuis sa création il y a trois ans par le groupe Yard, cofondateur de la cérémonie Les Flammes, le festival ne se contente pas d’enchaîner les concerts. Il cherche à construire un espace où les premier·es concerné·es peuvent occuper le centre du récit. Cette année, le festival est complet deux jours sur trois. Parmi les artistes à l’affiche, Rema, artiste nigérian mondialement connu, El GrandeToto ou encore un espace « Zouk All Stars » avec Fanny J.
Coproduit par le groupe Because et le festival We Love Green, YardLand porte, derrière les scènes et les têtes d’affiche, un projet culturel qui se veut aussi politique. « On cherche à s’adresser à un public qui ne se sent pas concerné par la communication des autres festivals en Europe », explique Yasmine Mady.
« Tout est politique, et la musique n’y échappe pas, affirme la programmatrice. Encore moins lorsqu’il s’agit de musique populaire née en rupture avec les cultures dominantes ou mainstream. Le hip-hop s’est construit dans cette rupture et c’est aussi le cas de nombreuses cultures afrodescendantes que nous essayons de représenter à travers le festival. »
Ce festival montre qu’on a la capacité de produire nos propres récits et nos propres espaces sans attendre une validation extérieure.
Yasmine Mady, directrice éditoriale
Ainsi, dans un paysage culturel où le rap et les musiques populaires occupent désormais le sommet des classements, YardLand revendique un travail de coconstruction avec les artistes, les créateurs et le public. Pour sa programmatrice, il ne s’agit pas d’utiliser les artistes comme des « tokens » mais plutôt de « créer des résonnances institutionnelles ».
L’enjeu…
Auteur: Kamélia Ouaïssa

