Lyon (Rhône), reportage
Les travaux de l’A412 vont pouvoir continuer. La cour administrative d’appel de Lyon a rejeté, le 15 octobre, le recours en référé-suspension porté par France Nature Environnement (FNE) 74, aux côtés d’une vingtaine d’associations et d’une quarantaine de riverains du chantier de l’A412. Cette procédure d’urgence aurait pu permettre de suspendre les travaux de ce projet d’autoroute de 16,5 km reliant Machilly à Thonon-les-Bains, dans le Bas-Chablais en Haute-Savoie, le temps de juger un recours au fond, dans un délai maximal de dix mois.
Pour les associations et les riverains ayant effectué le recours, il y a urgence à interrompre les travaux. Ils contestent l’autorisation environnementale du projet, délivrée fin août par la préfecture de Haute-Savoie. Pour eux, elle s’appuie sur une étude d’impact insuffisante, qui ne prend notamment pas en compte certaines espèces protégées présentes sur le tracé et affecte une zone Natura 2000 toute proche.
L’autoroute aura une emprise totale de 177 hectares, comprenant des territoires vitaux pour des espèces comme le castor et l’œillet superbe, et comprend de grandes zones humides. Les opposants dénoncent un projet « absurde », doublant « inutilement » la ligne ferroviaire du Léman Express déjà existante et participant ainsi à « la hausse substantielle du trafic routier et à celle de l’urbanisation dans une région déjà saturée ».
L’urgence à interrompre les travaux était d’autant plus prégnante qu’après un mois et demi de chantier, plus de 80 % des arbres du tracé ont déjà été abattus, selon les estimations faites par les associations et militants sur place.
« Si vous intervenez trop tard, ce sont un certain nombre de services écosystémiques qui ne seront plus rendus. On risque d’avoir le fait accompli, et un effet complètement…
Auteur: Raphaëlle Lavorel
