A69 : Atosca mis en demeure de cesser de polluer

« Les vapeurs qui s’échapperont des cheminées des centrales sont de la vapeur d’eau », affirmait avec aplomb Atosca en 2023.

Moins d’un an après l’installation de deux usines qui fabriquent le revêtement de la future autoroute, à Puylaurens et Villeneuve-lès-Lavaur, de graves manquements ont été révélés sur l’une d’elles. C’est ce que détaille l’arrêté préfectoral du 31 août : les fumées rejetées par la centrale d’enrobage de Puylaurens sont non conformes.

Fin juin, les COV CMR (composés organiques volatiles, cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) ont été mesurés à une concentration de 5,71mg/Nm3  pour un seuil à 2mg/Nm3. Le monoxyde de carbone (CO) atteint 693 mg/Nm3 au lieu de 500 mg/Nm3.

Un manque d’information troublant

Pire, des relevés antérieurs ont montré des dépassements, sans que le public en soit informé. Ce que n’explique pas uniquement des procédures très lentes entre les mesures, leurs analyses et les rapports.

Ainsi la dernière mesure mettant en évidence les dépassements a été effectuée à la demande d’Atosca le 29 juin, le rapport a été produit le 30 juillet mais n’a été transmis à la préfecture que le 25 août.

Alain Hébrard du collectif LVEL souligne que l’attention des pouvoirs publics avait pourtant été attirée dès la mise en route des deux centrales en 2025 sur la dangerosité connue des rejets et sur le fait que l’autocontrôle qui est la règle depuis 2019 posait problème. Dès le départ, les riverains s’étaient inquiétés.

Aujourd’hui, Marc du collectif Lauragais sans bitume est en colère : « Nous sommes mis devant le fait accompli, c’est presque par hasard que nous avons eu connaissance de l’arrêté de la préfecture ! »

Le collectif avait pourtant établi des liens « privilégiés » avec les autorités chargées du projet via des comités de suivi qui se sont réunis jusqu’au début de l’été. L’absence…

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Auteur: Valérie Lassus