Entre Vendine (Haute-Garonne) et Cambounet-sur-le-Sor (Tarn), reportage
« On ne va presque plus dans le jardin, c’est devenu invivable. » Cloîtrés dans leur maison dans la petite commune de Cuq-Toulza (Tarn), jadis entourée de forêts, Bernard et Nadine Semenou évitent désormais de sortir de chez eux. Depuis plus de deux ans, les travaux de l’autoroute A69, qui se déroulent à une centaine de mètres de leur habitation, ont transformé leur quotidien en cauchemar.
« On a très peu de répit et les travaux se sont considérablement accélérés depuis début août. On entend ce bruit de machines incessant du matin au soir. Cela commence un peu avant 5 heures et se termine vers 23 heures. On n’ose même plus inviter des amis chez nous », déplore Nadine, alors que le ballet incessant des camions remplis de terre se poursuit dans un vacarme continu, du lundi au vendredi.
« Un matin, réveillé par le bruit, je suis allé mesurer le niveau sonore avec un sonomètre et j’ai capté 70 décibels, assure Maxime, qui habite une maison à 120 mètres du chantier, à Vendine (Haute-Garonne). C’est le niveau sonore d’un restaurant. C’est impossible de dormir avec cela. Quand je suis dans le jardin ou dans mon atelier, j’allume la musique à fond pour couvrir ce bruit. »
Dans cette zone vallonnée, le concessionnaire, Atosca, utilise également de la dynamite pour creuser les collines et continuer les travaux de terrassement de l’autoroute. « Quand il y a une explosion près d’ici, toute la maison tremble », affirme Bernard, qui a tenté de prendre des somnifères durant une période pour arriver à dormir malgré le bruit. « La première fois qu’il y a eu une explosion, personne ne nous avait prévenus, j’ai eu vraiment très peur, raconte Nadine. J’étais à la cuisine et je croyais vraiment que tout allait s’effondrer. Il va y avoir des conséquences pour notre maison, notamment des fissures, c’est…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

