« Le paysage a totalement changé en si peu de temps, se désole Chantal. Avant on avait des étendues enherbées, des champs cultivés, et la Montagne noire comme décor. Maintenant, on a cette horrible plaie dans la nature et des tas de fraisats noirs, comme les corons dans le Nord ! » En arrivant à Puylaurens par la route nationale 126, impossible de ne pas voir la nouvelle centrale d’enrobage : la cheminée haute d’une dizaine de mètres est entourée d’engins de chantier et de gigantesques tas de fraisats, des résidus d’enrobé récupérés sur d’anciennes routes.
Cette matière sera mélangée à du gravier et du bitume, puis chauffée à 300 °C pour créer de l’enrobé à chaud qui servira à tapisser les 53 kilomètres de l’autoroute A69 en projet entre Castres et Toulouse. Plus à l’ouest, une deuxième centrale s’est implantée à Villeneuve-lès-Lavaur, à la frontière entre le Tarn et la Haute-Garonne, cet automne. Selon Atosca, le concessionnaire, elles devraient fonctionner « pendant une durée limitée d’environ dix mois, dont six à pleine capacité » pour produire plus de 500 000 tonnes d’enrobés.
Pour le moment, leur rythme de fonctionnement est suspendu au feuilleton judiciaire de l’A69. En février dernier, le jugement du tribunal administratif de Toulouse avait annulé l’arrêté préfectoral autorisant les travaux pour défaut de raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM). Mais trois mois plus tard, les juges donnaient un feu vert à la reprise du chantier, en attendant l’audience en appel prévue le 11 décembre.
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Des tests techniques sont en cours, alors tous les regards se tournent vers les fumées…
Auteur: Vanina Delmas

