Le tribunal administratif de Toulouse a annulé l’autorisation pour l’A69 au motif que ce projet n’apporte pas assez de bénéfices publics au regard des coûts écologiques, économiques et sociaux engagés. La raison d’intérêt public majeur invoquée par les juges s’appuie sur une évaluation précise de l’intérêt public, qui doit être supérieure aux coûts. Cette analyse coûts-bénéfices publics est contestée par les soutiens de l’autoroute, qui sont majoritairement des représentants d’intérêts privés, dont le groupe Pierre Fabre.
Pour les défenseurs du projet, réduire le temps de trajet des cadres est un avantage suffisant.
Pour eux, les avantages sont suffisants pour compenser les coûts. Évidemment, leurs avantages ne sont pas ceux évalués par les juges. Dans leur esprit, les profits sont la condition majeure du développement du territoire en termes d’emploi, mais aussi de mode vie et d’aménagement. Le groupe Pierre Fabre, véritable baronnie locale, pousse ses cadres à se faire élire dans les collectivités locales pour promouvoir sa vision du « développement » du territoire : les activités lucratives, la mobilité et l’emploi salarié plutôt que ce qui n’a pas de prix, comme les liens sociaux, les relations vernaculaires, les cultures et activités pas ou peu rentables.
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Pour les défenseurs du projet, réduire le temps de trajet des cadres est un avantage suffisant. Les juges font un calcul différent. Ils estiment que réduire de 20 minutes un trajet d’1 h 20 en payant 7 euros ne suffit pas à compenser l’allongement du temps de trajet de ceux qui prennent toujours la RN 126 gratuite, car celle-ci sera alourdie de 17 nouveaux ronds-points et de nouvelles traversées…
Auteur: Mireille Bruyère

