Verfeil (Haute-Garonne)
« Lâchez-moi, lâchez-moi ! » Accrochée à la branche de son noyer, Lisa employait ses dernières forces, lundi 7 octobre au matin, pour résister aux forces de police qui tentaient de la déloger de son arbre. Repoussés à une centaine de mètres, plusieurs photographes mitraillaient la scène avec leurs imposants objectifs. Perchée dans sa cabane depuis trois semaines pour empêcher les travaux de l’autoroute A69, comme quatre autres de ses camarades surnommées les « écureuils », Lisa était désormais agrippée par le lieutenant-colonel Llosa et un membre du PSIG, à plusieurs mètres du sol. Les deux hommes, non sécurisés, négociaient avec Lisa, toujours harnachée dans son baudrier.
L’opposante à l’A69 a fini par descendre, acculée par la gendarmerie — elle-même bien aidée par les ouvriers du concessionnaire NGE-Atosca. Depuis vendredi 4 octobre, ces derniers construisaient, avec leurs pelleteuses, bulldozers et camions bennes, une énorme butte en terre pour arriver au niveau des cabanes, perchées à une dizaine de mètres du sol.
Lundi 7 octobre, ce monticule arrivait quasiment au niveau des écureuils, permettant l’intervention des gendarmes. Sur une vidéo consultée par Reporterre, alors que les camions bennes déversent de la terre au pied des arbres, une écureuil interpelle les ouvriers : « Vous allez nous enterrer là ! », et l’un d’eux répond d’un ton cynique sous son casque de chantier : « C’est le but. »
Le soir-même, les deux derniers noyers qui empêchaient la poursuite du chantier de l’autoroute A69 étaient vidés de leurs occupants, le tronc recouvert d’une imposante butte de terre. Ils seront abattus dans les prochains jours et les engins du concessionnaire pourront terrasser ce terrain, qui abritait il y a peu une centaine d’arbres, un riche écosystème et une maison où logeait une famille. Les autres opposants, qui étaient réunis depuis le…
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