Verfeil (Haute-Garonne), reportage
« À ton avis, ils s’arrêteraient s’ils tuaient quelqu’un ou ils continueraient l’autoroute ? » Nous sommes le 20 septembre au matin et des opposants à l’autoroute A69 se réchauffent autour d’un feu de camp et d’un café à la zad du Verger, à Verfeil, en Haute-Garonne. Les militants écologistes échangent de manière décontractée. Quelques minutes plus tard, ils remontent en vitesse leurs bouts de tissu au-dessus du nez — masques, T-shirt enroulé autour du visage — pour ne pas être reconnaissables. Une dizaine de voitures de gendarmerie arrivent à vive allure et pénètrent sur la zone.
Devant l’entrée de la zad, la carcasse encore fumante d’un rouleau compacteur embaume le périmètre d’une odeur nauséabonde. La police scientifique, qui photographie et récolte des indices sur les cendres de la machine, est également sur place. Le compacteur incendié appartenait au groupe NGE-Atosca, concessionnaire de la future autoroute A69 qui doit relier Toulouse à Castres.
La zad du Verger, ou ce qu’il en reste, est le dernier rempart physique à l’avancée des travaux de l’autoroute écocidaire et antisociale. Celle-ci a été créée fin mars dans le jardin d’une famille, qui a depuis accepté de déménager.
« Il n’y a plus aucun arbre »
Non revendiquée, le sabotage intervient cinq jours après le début des opérations de gendarmerie visant à expulser les derniers opposants retranchés en hauteur, dans les arbres et sur le toit d’une maison au cœur de cette ancienne propriété qui se situe en plein milieu du tracé de l’A69.
Ces derniers jours ont été intenses pour les militants. « Regardez autour de vous, il n’y a presque plus aucun arbre. Quand on sait à quoi ressemblait cet endroit avant, cela fend le cœur », lance un zadiste. Encore habité il y a quelques jours par Alexandra et sa famille, le « verger » a été dépouillé depuis leur…
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Auteur: Justin Carrette

