Toulouse (Haute-Garonne), correspondance
On s’attendait à ce que le concessionnaire Atosca doive quitter les parcelles qu’il utilise illégalement pour le chantier de l’A69, mais l’État tente finalement de régulariser cette situation. Les préfectures du Tarn et de Haute-Garonne ont signé, mardi 14 avril, un arrêté ouvrant une consultation publique visant à régulariser l’autorisation environnementale de l’autoroute.
L’autorisation environnementale était devenue caduque depuis que les opposants et les médias avaient révélé, fin novembre 2025, l’utilisation illégale de 88 hectares de terres pour les besoins du chantier. Une surface considérable, qui représente environ 20 % des 330 hectares déclarés initialement par Atosca en 2023.
À la suite de ces révélations et de la pression citoyenne, les préfectures avaient tenté de faire réagir le concessionnaire, le 19 décembre, en suspendant les travaux sur ces zones hors emprise et en demandant à l’entreprise de régulariser sa situation. Le 12 janvier, la justice pénale, par l’intermédiaire du juge des libertés et de la détention, s’est à son tour saisie de ces infractions, en ordonnant au concessionnaire de libérer 46 sites identifiés comme étant hors de l’emprise autorisée, sous peine d’astreintes financières.
Malgré cela, et comme l’a documenté Reporterre, Atosca a continué à travailler sur ces parcelles illégales après ces décisions de justice et ces mises en demeure. Aucune information concernant de possibles astreintes financières n’a été communiquée, et le dossier de régularisation qu’Atosca devait transmettre aux préfectures reste introuvable. Malgré nos multiples relances, les services de l’État n’ont pas donné suite à nos sollicitations.
Un « aveu de l’État »
Ce nouvel arrêté préfectoral, signé le 14 avril, est « un aveu de l’État » selon Alice Terrasse, avocate des opposants à…
Auteur: Justin Carrette

