Usage disproportionné de la force à Sainte-Soline, tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, procédures antiterroristes à l’encontre de militants soupçonnés de dégradations sur un site du cimentier Lafarge… Les temps sont durs pour les défenseurs de l’environnement.
De ce point de vue, l’importance des moyens déployés contre les opposants à l’A69, entre Castres et Toulouse, semble caractéristique de cette tendance au durcissement répressif. En dépit de la détermination de ses détracteurs, des mises en demeure du porteur de projet par la préfecture du Tarn pour des manquements en termes de procédure environnementale, ou encore de l’existence d’une alternative ferroviaire, le projet se poursuit.
Dans un contexte de moindre tolérance des pouvoirs publics à l’égard des contestations, on peut donc s’interroger : que peuvent encore les mobilisations locales face à des projets controversés ? Il est utile de se pencher sur celles qui sont parvenues à leurs fins. L’opposition à la concession de sable coquiller de Pointe d’Armor, en Bretagne, finalement abandonné en 2016, en fournit un exemple éclairant.
Des autoroutes aux concessions minières, comprendre les contestations locales
La question de l’impact des mouvements sociaux a de longue date préoccupé les chercheurs en sciences sociales. Ceux-ci se sont intéressés au poids des formes d’organisation dans « l’efficacité » des luttes, à leur influence sur les trajectoires militantes, ou encore à leurs effets culturels à grande échelle.
Dans ma thèse, je me suis penché sur les impacts de trois mobilisations contre des titres miniers, dans le Tarn et dans les Côtes-d’Armor. J’aimerais ici m’attarder sur l’opposition au projet de Pointe d’Armor, en baie de Lannion. Il devrait s’agir d’une concession minière de sable coquillier, c’est-à-dire de sable calcaire constitué de débris de coquillages, utilisé…
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Auteur: Schrijen Damien, Docteur en science politique, Sciences Po Bordeaux

