Verfeil (Haute-Garonne), reportage
« J’ai signé, ce n’est plus chez moi. On va essayer de se reconstruire maintenant. » Vers 13 heures lundi 16 septembre, Alexandra, la dernière habitante sur le tracé de l’autoroute A69, sort en larmes d’une petite pièce au rez-de-chaussée de son ancienne maison à Verfeil, en Haute-Garonne.
La quadragénaire, qui vivait ici depuis plus de dix ans, a accepté il y a quelques jours une offre de relogement du concessionnaire NGE-Atosca pour quitter sa maison, qui se situe sur le tracé de la future autoroute devant relier Castres à Toulouse. Cette situation devenait une épine dans le pied d’Atosca, qui souhaitait au plus vite poursuivre les travaux.
« C’est dégueulasse ce chantage ! »
Vers 9 heures, plusieurs représentants du concessionnaire et un huissier de justice sont ainsi arrivés sur les lieux pour signer avec Alexandra un accord concluant son relogement en HLM avec son compagnon et son fils, et le versement d’un dédommagement de 20 000 euros.
Une cinquantaine de gendarmes étaient également présents pour « assister Atosca lors de cette remise des clés », selon le colonel Stéphane Dallongeville, chef des opérations sur place.
À leur arrivée, une dizaine d’opposants à l’A69 étaient déjà sur le toit de la maison pour empêcher sa destruction, et une vingtaine d’« écureuils » — ces militants perchés dans les arbres — étaient postés dans leurs cabanes construites dans les branches pour éviter leur abattage. Au sol, une cinquantaine de soutiens étaient également dispersés dans le jardin d’Alexandra.
Durant toute la matinée, les représentants du concessionnaire ont négocié avec l’ancienne locatrice pour qu’elle demande aux militants sur le toit de descendre, sans succès. « Ils me disent que je ne pourrais pas signer l’accord si vous ne descendez pas ! » lance-t-elle en larmes aux opposants sur son toit. « C’est…
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Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

