Un piège. En s’avançant dans la cour de Matignon à 8 h 45 ce 3 octobre, Sébastien Lecornu a en tête une idée qui pourrait bien faire dérailler le jeu politique. « Nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la Ve République », dit-il. Après quatre minutes, il annonce renoncer au 49.3, cet article constitutionnel qui permet à l’exécutif de couper de force le débat au Parlement en engageant la responsabilité du gouvernement.
À quelques heures des dernières consultations avec l’opposition, le premier ministre vient de transformer ces rendez-vous de la dernière chance en parties de poker. En renonçant à cet article honni par toute la gauche, il accède notamment à l’une des demandes d’Olivier Faure, le patron du Parti socialiste (PS). Alors en arrivant dans la rue de Varenne ce matin, les roses sont certainement conscientes qu’elles se jettent dans la gueule du loup.
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Avant d’entrer dans l’hôtel de Matignon, Olivier Faure doit donc réagir. Il sort de sa manche une nouvelle carte de son jeu : le premier ministre devra, s’il ne veut pas être censuré par les socialistes, organiser un vote au Parlement sur la réforme des retraites. « Est-ce qu’il est prêt à ce que, d’ici au mois de décembre, les députés, les sénateurs aient la possibilité de voter pour la première fois sur une réforme qui, précisément, n’a été adoptée que grâce au 49.3 ? », demande-t-il.
Le message est clair : ils ne sont pas à vendre. Au bureau du premier ministre, les socialistes entendent les pistes de Sébastien Lecornu. D’un côté, il parle d’une année blanche et ferme la porte à la taxe Zucman. De l’autre, il défend une nouvelle méthode de…
Auteur: Lucas Sarafian

