Il n’y a eu ni communiqué ni déclaration officielle, mais les inquiétudes se sont bel et bien confirmées. Les 304 millions d’euros du plan vélo, destinés à aider les collectivités à aménager des pistes cyclables, vont disparaître en 2025. Et les investissements prévus en 2024, gelés depuis le mois de février, ne seront pas dégelés, comme le détaillait Reporterre le 8 octobre.
La rapporteuse spéciale sur les questions de transports, Christine Arrighi, a porté le 30 octobre une série d’amendements en commission des finances pour tenter de faire machine arrière, aux côtés de députés socialistes et insoumis. Mais tous les amendements ont été rejetés. « C’est un scandale absolu, tonne la députée écologiste. Les promesses d’un plan vélo à 2 milliards d’euros, prononcées par la Première ministre Élisabeth Borne en 2023, s’évaporent. C’est la parole politique qui est totalement décrédibilisée. »
Ironie de la vie politique, le ministre des Transports s’exprimait presque au même moment devant les sénateurs, pour chanter les louanges du plan vélo que son gouvernement était en train d’enterrer : « Beaucoup a été fait par l’État pour sécuriser et encourager la pratique cyclable », affirmait François Durovray.
Les collectivités « n’ont plus un sou »
Les pistes cyclables sont aujourd’hui largement financées par les collectivités locales. C’est l’argument distillé par l’exécutif à ses interlocuteurs pour justifier l’abandon du plan vélo. « On nous dit que cette mission est du ressort des collectivités, maintenant que l’État a “amorcé la pompe” », regrette Thibault Quéré, directeur du plaidoyer pour la Fédération des usagers de la bicyclette, au sortir d’une réunion à Matignon le 30 octobre.
L’argument a été repris au même moment par le Rassemblement national, pour défendre un amendement de suppression définitive du plan vélo…
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Auteur: Erwan Manac’h

