Abelardo de la Espriella se présente aux Colombiens comme un patriote absolu. Il porte des symboles nationaux, invoque la patrie, parle d’ordre, promet la sécurité et se proclame défenseur de la nation. Pourtant, derrière cette mise en scène apparaît une question politique inévitable : quel type de patriotisme représente un candidat dont le parcours, les alliances, les soutiens internationaux, les relations professionnelles et les propositions de gouvernement semblent bien plus connectés à l’ancien bloc oligarchique, paramilitaire, corporatiste et pro-américain qu’à une véritable souveraineté populaire colombienne ?
La question n’est pas uniquement juridique. La double nationalité, à elle seule, n’empêche pas de briguer la présidence de la Colombie. Le problème est politique, éthique et géopolitique. De la Espriella n’est pas simplement un Colombien ayant des liens internationaux. C’est un candidat qui a célébré le soutien de Donald Trump, qui se présente comme un allié naturel des États-Unis, qui revendique des modèles de sécurité extrême et qui projette une Colombie subordonnée à l’axe Washington-Tel-Aviv au nom de la « lutte contre le crime ».
Le patriotisme qu’il invoque mérite donc d’être examiné. Car il ne suffit pas de s’envelopper dans le drapeau national. Un candidat qui aspire à diriger l’État doit expliquer clairement quels intérêts il défend, quels pouvoirs l’entourent, de quels réseaux il provient et envers qui il se sent politiquement obligé.
I. Le nationalisme d’exportation : la patrie dans le discours, Washington à l’horizon
Le soutien public de Donald Trump à Abelardo de la Espriella n’est pas un détail mineur. En pleine second tour de l’élection présidentielle, le président américain a utilisé Truth Social pour promouvoir sa figure, le qualifiant de dirigeant fort, intelligent et déterminé. Il l’a présenté comme un garant du commerce, un…
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