Sabrina Cajoly, présidente de l’association Kimbè Rèd et juriste en droit international des droits humains mène le combat de l’accès à l’eau potable en Guadeloupe depuis près de quatre ans : « Depuis 2020, je demande des mesures d’urgences face à cette gestion de l’eau. Pourtant, la France refuse d’y répondre alors que 210 experts de l’ONU dénoncent cette urgence sanitaire ».
Le 18 mars, elle a contribué avec la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) en collaboration avec la Ligue des droits de l’homme (LDH) à une réclamation collective contre la France auprès du Conseil de l’Europe relative à « l’accès à l’eau potable en Guadeloupe et à l’empoisonnement au chlordécone des Antilles ».
Le 19 février dernier, un collectif d’associations d’usagers affilié au LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon – Collectif contre l’exploitation outrancière), le LKP Dlo, avait dénoncé l’inaction de l’État en se rendant devant le siège du Syndicat mixte de la gestion de l’eau et de l’assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) pour réaffirmer la colère des Guadeloupéens. Il dénonçait « l’irresponsabilité, le mépris et la mise en danger de la vie des Guadeloupéens par les autorités françaises ».
« Certains secteurs de l’île n’ont pas eu d’eau du robinet pendant six mois. Personne ne comprend la distribution des bouteilles d’eau. Il n’y a que deux packs d’eau par semaine et par foyer », expliquait Virginius Dominique, président de l’association Doubout pou dlo an nou. Alors que le SMGEAG affirme dans un communiqué que les tours d’eau arrivent tous les deux jours, lui dénonce « une communication totalement fausse ».
Dans ce contexte, les Guadeloupéens sont obligés d’acheter eux-mêmes de l’eau en bouteilles. Une solution insatisfaisante pour Virginius Dominique : « Même si cette eau…
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Auteur: Léa Lebastard

