Margueray (Manche), reportage
« Ils sont en bas. Il doit y avoir deux, trois ou quatre gars pour bloquer les chiens ou couper la route. Les autres doivent être dans les fourrés derrière. » Guillaume Binet, chef de service de l’Office français de la biodiversité (OFB) de la Manche, le visage collé à ses jumelles, observe la battue à distance.
200 mètres plus loin, plusieurs silhouettes en vestes orange fluo tranchent sur le ciel de traîne et le gris-vert de la haie bocagère. « Avant de les aborder, on observe le territoire chassé, les animaux et les positions, explique Guillaume Binet. Là, on voit que le chasseur a un gilet fluorescent, obligatoire pour la chasse collective au tir du grand gibier. Il n’essaie pas de se cacher. Son arme est canon vers le ciel. Tout semble conforme. »
Il est environ 10 h 30 ce samedi 6 décembre à Margueray, une petite commune au nord-est de Villedieu-les-Poêles (Manche). Guillaume Binet, Benoît Fouchard, inspecteur de l’environnement de la brigade nord, et Marc Permanne, inspecteur de l’environnement de la brigade sud, sillonnent la zone pour contrôler les battues, dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation à la sécurité à la chasse organisée par l’OFB. Menée du 29 octobre au 14 décembre pour la cinquième année consécutive, cette opération vise à rappeler les règles obligatoires : port du gilet fluorescent, signalisation des battues, angle de tir… Leur non-respect peut entraîner une contravention de 4e classe, soit 135 euros d’amende.
En 2024-2025, 1 272 contrôles avaient été réalisés dans toute la France, avec 214 infractions constatées. Objectif : que tout le monde, pratiquant comme non-pratiquant, rentre sain et sauf de sa sortie en nature.
« Depuis vingt ans, le nombre d’accidents a baissé de 54 % à l’échelle nationale » pour s’établir à une centaine d’accidents, dont onze mortels, pour la saison…
Auteur: Émilie Massemin

