Ex-président de l’Association pour l’amélioration des transports du plateau de Saclay, de 2006 à 2010, Loïc Bertrand est chercheur à l’ENS Paris-Saclay et fortement impliqué dans la promotion des mobilités actives sur le campus Paris-Saclay.
Plusieurs accidents graves de la circulation ont eu lieu sur le campus universitaire du plateau de Saclay, en cours de construction — le plus récent, en avril dernier, aura été fatal à un étudiant de 21 ans, Samuel Coriat, percuté par un bus en site propre (sur une voie qui lui était réservée), alors qu’il sortait de la bibliothèque Lumen. Ces accidents illustrent un paradoxe dont l’aménagement urbain peine à se dépêtrer : comment faire coexister des zones piétonnes de déplacement et de convivialité avec des zones de circulation rapide ?
Le campus du plateau de Saclay se trouve dans les départements de l’Essonne et des Yvelines, dans le sud de l’Île-de-France. Ce vaste complexe de plus de 500 hectares rassemble des pôles de recherche et d’enseignement supérieur autour de l’université Paris-Saclay et de l’Institut polytechnique de Paris. Pour sa conception, un ambitieux « concours international d’idées » a été lancé en 2006 et a suscité 26 propositions d’urbanisme durable des plus grands cabinets internationaux.
Un conflit entre deux imaginaires
Pourtant, force est de constater qu’un élément essentiel a été gravement négligé : la coexistence pacifique entre zones de circulation rapide et zones piétonnières. Chaque espace, celui des quatre-roues, celui des piétons et celui des vélos, aura été conçu selon sa propre logique, exclusive.
Résultat : un conflit de deux imaginaires : l’un d’après-guerre, où la machine est reine, avec son exigence de vitesse et de traversée rapide ; l’autre, actuel, de « cité-jardin », de petite « ville en pantoufles », comme dirait l’urbaniste Philippe Madec, où tous les…
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