Accidents graves et cadences infernales : plusieurs chantiers de data centers épinglés à travers l'Europe

Les chantiers des centres de données, dopés par l’essor de l’intelligence artificielle (IA), sont-ils construits au prix de l’exploitation des travailleurs ? Une enquête publiée vendredi 30 octobre par le consortium Investigate Europe, avec huit partenaires dans autant de pays, dont Le Monde, révèle des conditions de travail dantesques et des pratiques abusives sur plusieurs chantiers européens.

En Belgique, en mars, un ouvrier roumain de 34 ans a été grièvement brûlé lors d’un test électrique sur un chantier de Google, à Saint-Ghislain. Un arc électrique de 400 volts et 12 000 ampères l’a frappé au visage et sur le corps. Il a subi des greffes de peau et souffre toujours de séquelles. D’autres accidents graves, dont au moins deux mortels, ont été recensés en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Norvège entre 2024 et 2026.

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En Suède, sur le chantier de Microsoft près de Gävle, des ouvriers migrants dénoncent des logements insalubres, des pressions psychologiques et des heures supplémentaires impayées. Certains auraient travaillé jusqu’à 60 heures par semaine sans rémunération supplémentaire. Le syndicat suédois Solidariska byggare a obtenu, fin octobre, un accord de 1,3 million d’euros d’arriérés de salaires pour 78 travailleurs. L’autorité du travail suédoise a ouvert, depuis 2021, 50 dossiers portant sur les conditions de travail dans les centres de données.

D’autres syndicats — belges, suédois, danois, finlandais et italiens — dénoncent aussi les obstacles à l’accès aux chantiers et à la représentation des salariés. « [Les managers] règnent par la terreur, la terreur mentale », témoigne un ouvrier roumain. La multiplication des sous-traitants complique l’établissement des responsabilités.

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